1956 au Sud

Après avoir consacré une première semaine à l'année 1956 "à l'Est", la Fabrique de l'Histoire s'intéressera la semaine prochaine à l'année 1956 "au Sud" autour de la Crise de Suez. Voici le programme de cette semaine.

Le lundi 30 octobre:
Irwin Wall, historien, professeur émérite, University of California, Riverside, U.S.A, grand spécialiste des relations France-USA de l'après-guerre, auteur notamment de ''L'influence américaine sur la politique française, 1945-1954'' (Balland, 1989) et ''Les Etats-Unis et la guerre d'Algérie'' (Soleb, 2006).

Le mardi :
Mémoire de groupe - 56, la revanche de Suez-souvenirs égyptiens Marie Capucine Diss et  Véronik Lamendour

Le 26 juillet 1956, Gamal abd el Nasser, fougueux président de la jeune République égyptienne, annonce à son peuple la nationalisation du Canal de Suez. Egyptiens, Arabes et peuples colonisés relèvent la tête tandis que la France et l'Angleterre préparent leur riposte. Cinquante ans après, les Egyptiens se souviennent et dressent le bilan des évènements de 56. Avec les témoignages de Mohammed Ezaat Adel, membre de l'équipe ayant nationalisé le Canal, Amina Elwi, Ayda Toubay et Moustafa Moussa, habitants de
Port-Saïd.   
Suivi d'un débat avec François Lafon, historien, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne.

Le mercredi : Pas d'émission

Le jeudi :
Mémoire de groupe - Le Comité France Maghreb
Amélie Meffre et Véronik Lamendour
Après la Seconde Guerre mondiale, les mouvements nationalistes se développent au Maghreb. Au Maroc, les revendications indépendantistes gagnent du terrain, orchestrées notamment par l'Istiqlal. En avril 1947, le sultan Mohammad Ben Youssef, futur Mohammed V, prononce un discours à Tanger où il affirme la volonté d'émancipation de son peuple. Dès lors, la politique de la Résidence se durcit, la répression aussi. Reconnue par le Traité de Fès en 1912, qui a institué le protectorat, la souveraineté marocaine est remise en cause. En décembre 1952, une manifestation à Casablanca, après l'assassinat du syndicaliste tunisien Ferhat Hached, est durement réprimée ; on dénombre une centaine de morts côté marocain.
En France, une poignée d'intellectuels, dont François Mauriac, Charles-André Julien ou encore Louis Massignon, fonde le comité France Maghreb. Ces activistes, issus de la Résistance et du christianisme social tentent d'alerter les consciences sur la crise du protectorat et la nécessaire marche vers
l'indépendance marocaine, à travers une action de lobbying, en direction de l'intelligentsia, de la presse et du milieu politique. Retour sur un combat qui accompagna l'émancipation marocaine, jusqu'à son indépendance le 2 mars 1956.

Avec Patrice Blacque-Belair, André de Peretti et Jean Védrine qui y participèrent activement.

Suivi d'un débat avec Benjamin Stora, historien, spécialiste reconnu de l'histoire du Maghreb, auteur d'une vingtaine d'ouvrages, notamment Algérie, Maroc. Histoires parallèles, destins croisés (Maisonneuve & Larose, 2002).