LA FABRIQUE DE L'HISTOIRE : du lundi 6 au vendredi 10 novembre 2006 :

« De la rumeur à la terreur, les violences de guerres »

Le mardi :
Un documentaire de Aurélie Luneau et Marie-Christine Clauzet

"23 août 1914 : le massacre de Dinant-sur-Meuse"

De la rumeur à la terreur, les atrocités allemandes en Belgique

Sur les bords de la Meuse, à quelques kilomètres de Namur, Dinant est une cité de villégiature forte de 7000 habitants en 1914. On y coule des jours tranquilles dans cette région industrielle,... jusqu'au 4 août 1914. Ce jour là, un million de soldats allemands envahissent le pays, direction la France. Au fil de leur avancée, des rumeurs se répandent dans tout le pays. Au-delà des pillages, des viols, des incendies destructeurs, les Allemands couperaient les mains aux enfants et les seins aux femmes. Du côté ennemi, on laisse entendre que les populations belges abritent de nombreux francs-tireurs, des civils en armes, combattants de l'ombre, des êtres déloyaux (hommes, femmes, enfants)qui n'hésitent pas à tirer dans le dos et à orchestrer de véritables guet-apens, sans compter les tentatives d'empoisonnements de soldats allemands. Peurs et réminiscences des combats de 1870 !
La rumeur et l'imaginaire collectifs attisent l'angoisse des soldats, provoquant par ricochet des accès de violence que l'on commence à comptabiliser. On évoque déjà des cas de massacres...    
Le 21 août, les Allemands arrivent à Dinant, persuadés que la ville n'est qu'un nid de francs-tireurs. Le cauchemar commence, et avec lui, le massacre de Dinant qui va durer jusqu'au 26 août. Ces mêmes cas de violence se sont répétés dans le nord et l'est de la France au cours de l'été 1914.
Entre rumeur et réalité, Aurélie Luneau et Marie-Christine Clauzet sont retournées sur les lieux, en compagnie de l'historien John Horne, à la recherche des vestiges de ce passé douloureux, et à la rencontre des descendants des Dinantais martyrisés.
Avec les témoignages de Emilie Libert (107 ans, elle avait 15 ans à l'époque des faits), sa fille Yvonne Pinsmaille, Axel Tixhon, historien belge ayant vécu 30 ans à Dinant, Richard Fourneaux le bourgmestre de la ville, originaire de Dinant, François et Yvonne Sohet, descendants.

Le mercredi :
Balade - « 1815, des Cosaques à Paris »
Un documentaire de Aurélie Luneau et Marie-Christine Clauzet
Napoléon Ier, ses ambitions expansionnistes, ses conquêtes démesurées, les 20 ans de guerre entre la France et les puissances européennes constituent aujourd'hui un savoir historique largement partagé. Mais qui se souvient des deux ans d'occupation de la France, suite à la chute de l'Empereur des Français
? Bien peu, finalement. Et pourtant, les deux tiers des départements français furent occupés, après Waterloo, par les armées européennes coalisées. Parmi elles, des cosaques dont l'image dans l'opinion publique française suscitait des idées de violence, de barbarie, des horreurs de guerre. Qu'en est-il de cet
imaginaire qui a toujours entouré le guerrier cosaque ? Quelle réalité délimite la figure du cosaque en France ?
Autant de questions soulevées au cours d'une balade documentaire dans Paris, au Moulin de la Galette, à la cathédrale russe, et place de la Concorde, en compagnie de trois historiens :

  • Jacques Hantraye, docteur en Histoire, professeur au lycée Guillaume Budé à Limail Brévane,
  • Marie-Pierre Rey, professeur d'histoire russe et soviétique à Paris 1-Sorbonne,
  • Iaroslav Lebedynsky, professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales à Paris.   

Le jeudi, débat historiographique :

  • Christian Ingrao, historien, auteur notamment  de « Les chasseurs noirs : la
    brigade Dirlewanger » (éd. Perrin).
  • Fabrice Virgili, chercheur à l'IHTP, auteur notamment de «La France "virile", des femmes tondues à la libération» (éd. Payot)
  • Jean-Clément Martin, professeur d'histoire à l'université Paris I-Panthéon Sorbonne, directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française, auteur notamment de «Violence et Révolution : essai sur la naissance d'un mythe national» (éd. Le Seuil)
  • Abderrahmane Moussaoui, anthropologie à l'université de Provence et chercheur au CNRS/IDEMEC/MMSH, auteur de «De la violence en Algérie - Les lois du chaos» (éd.
    Actes Sud)