La guerre froide a bien évidemment inspiré le cinéma américain. En 1961, Billy Wilder consacre un de ses films à ce thème. À Berlin, en pleine guerre froide, le directeur de la filiale de Coca-Cola, Mac Namara (sic) décide de conquérir le marché de l'Est. Dans ce but, il reçoit trois émissaires soviétiques qui trouvent vite du charme aux plaisirs décadents de la vie en Occident. Arrive alors à Berlin Scarlett, la fille du grand patron de Coca-Cola, que son père a confiée aux bons soins de MacNamara. La donzelle se révèle du genre  difficile à gérer : non seulement elle sort toutes les nuits, mais elle se permet de passer à l'Est et de tomber amoureuse...

La distribution

MacNamara : James Cagney
Otto Ludwig Piffl : Horst Buchholz
Scarlett Hazeltine : Pamela Tiffin
Phyllis MacNamara : Arlene Francis
Ingeborg : Liselotte Pulver

Quelques secrets du tournage (source :allocine.fr)

  • Après avoir terminé la garçonnière, Billy Wilder avait envisagé de tourner l'O.N.U. en dérision, avec la collaboration des frères Groucho Marx, Harpo Marx et Zeppo Marx. Mais le projet fut abandonné à cause du mauvais état de santé d'Harpo. Wilder pensa alors à un autre projet, toujours de caractère politique, tiré d'une pièce en un acte de Ferenc Molnar qu'il avait vue à Berlin. 
  • La construction du mur de Berlin débuta dans la nuit du 13 août 1961, juste en travers des lieux de tournage à la Porte de Brandenbourg. L'équipe, découvrant les bouleversements du décor au petit matin, dut se rendre à Munich pour tourner les scènes manquantes sur le parking des studios Bavaria Film, où une reproduction de la Porte fut construite en taille réduite. 
  • L'acteur Horst Buchholz eut un grave accident de la route vers la fin du tournage. Billy Wilder dut quitter Berlin avant d'avoir achevé le film. Après avoir attendu la guérison du comédien, il lui fallut reconstituer en studio à Hollywood la gare de Tempelhof. Le tournage de la séquence finale entraîna une dépense supplémentaire de 250 000 dollars. 
  • James Cagney, censé symboliser le capitalisme et donc une certaine aisance matérielle, est conduit en Mercedes 300 Se, le modèle dit "Adenauer". Tout le film est d'ailleurs un régal pour les amoureux de Mercedes tant les prises de vue dans les rues de Berlin montrent plein d'autres voitures et camions de cette marque.

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  • Jean Tulard écrit à propos de ce film:

"Un, deux, trois ne donne pas dans la subtilité et n'y prétend pas. C'est pourtant loin d'être un film détestable. Pour deux raisons majeures : primo, la redoutable efficacité de son comique dont le vecteur est un rythme staccato absolument irrésistible ; les gags pleuvent et le spectateur n'est guère en mesure de s'interroger sur les vices et les vertus comparés de la lourdeur et de la finesse. Secundo, l'originalité et la pertinence du thème abordé : l'impérialisme économique américain. C'est par Coca-Cola (et plus tard par MacDonald's) que les États-Unis assujettissent le monde. En 1961, il fallait oser le dire. Et peut-être que pour dire des choses importantes il faut parfois propulser l'éléphant dans le magasin de porcelaine."

  • Critique de Lucia Bozzola (All Movie Guide)

    Adapted by Billy Wilder and I.A.L. Diamond from a Ferenc Molnar play, Wilder's rapid-fire comedy ferociously satirizes the Cold War divide between East and West. Featuring a peerless James Cagney in his last starring role and set in West Berlin, the breathless farce sends up everything from soft drink capitalism to Communist hypocrisy, Soviet disorganization, male lechery, female giddiness, postwar Germany, and American pop culture.

    With a relentless stream of one-liners and numerous comic set pieces, such as a prisoner tortured with endless plays of Itsy-Bitsy Teeny-Weeny Yellow Polka-Dot Bikini and a mad tabletop striptease that shakes a portrait of Stalin off its perch, Wilder and Cagney never let up the pace for a moment, down to the final Pepsi Cola punchline.

    Earning critical accolades for its wit and its star, One, Two, Three received one Oscar nomination, for Daniel L. Fapp's crisp widescreen black-and-white photography. (Fapp won the color cinematography Oscar that same year, for West Side Story.) One, Two, Three became a popular hit in in Germany after the Berlin Wall came down in 1989.