Dans le cadre de la Fabrique de l'Histoire, Aurélie Luneau et Marie-Christine Clauzet proposeront le mardi 27 mai 2008 un documentaire intitulé «Mars 1953, on pleure le camarade Staline».

Le 4 mars 1953, à 6h30, Radio Moscou diffuse un communiqué de l’agence Tass : « un grand malheur est tombé sur l’URSS. Iossif Vissarionovitch Staline a été victime d’une hémorragie cérébrale qui a atteint les régions vitales du cerveau ». Le 6 mars, à 4 heures du matin, la nouvelle tombe comme un coup de tonnerre pour de nombreux soviétiques et sympathisants du monde entier : Staline est mort. Dès lors, dans la plupart des pays, des célébrations, des manifestations, des hommages sont organisés pour saluer l’homme de la seconde guerre mondiale, le vainqueur du nazisme et celui que beaucoup considérait comme un libérateur.   En France, le gouvernement décrète la mise en berne des drapeaux pendant deux jours et une minute de silence. A Moscou, un million de personne converge vers le centre de la ville pour honorer une dernière fois la dépouille de celui que l’on affublait de qualificatifs louangeurs tels «  notre père à tous », « le bâtisseur intrépide de la société socialiste », « le guide »  qui va être pleuré partout et va susciter des émotions populaires extraordinaires. Retour sur ces premiers jours du mois de mars 1953, avec les témoignages de Pierre Joxe, dont le père Louis Joxe était au poste d’ambassadeur de France à Moscou, l’historienne Lilly Marcou, jeune lycéenne à Bucarest, Pierre Juquin, alors étudiant à Münich et Madeleine Gatinel-Quéré, alors militante à la CGT-La poste de Périgueux. 

Nicolas Werth, directeur de recherche au CNRS. Il est notamment l'auteur de La terreur et le désarroi. Staline et son système, paru en 2007 aux Éditions Perrin et, dans la collection « Que sais-je ? », de l'Histoire de l'Union soviétique, de Lénine à Staline (n° 2963).