France 3 propose lundi 31 août à 23h05 un documentaire franco-britannique de 90' réalisé par Martina Hall (2009) qui  retrace le déroulement du dimanche fatidique où la guerre fut déclarée.

Grâce aux témoignages de ceux qui l'ont vécu, de part et d'autre de la Manche, c'est un précieux travail de documentation qui en ressort.

Pour les autorités comme pour le commun des mortels, la tension fut grande. C'est l'occasion de revivre avec précision la session de minuit de l'Assemblée nationale, la déclaration de guerre de l'Angleterre suivie de celle de la France, l'évacuation de Strasbourg, le premier acte d'agression des Allemands.

Michèle Morgan, Lady Soames, fille de Winston Churchill, Bernard de Gaulle, neveu du Général, Alain Mimoun, médaillé olympique et héros de guerre, le réalisateur Richard Attenborough racontent, avec émotion, leurs souvenirs.

L'avis de François Ekchajzer (Télérama) : "Il arrive que, en une seule journée, le monde bascule d'une époque dans une autre. C'est le cas du 3 septembre 1939 : le lendemain, Britanniques et Français se réveillèrent engagés contre l'Allemagne nazie. Dans ce documentaire programmé trois jours avant le 70e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, Martina Hall retrace le déroulement de ces vingt-quatre heures, articulant son récit autour de témoignages de femmes et d'hommes « ordinaires », de quelques personnalités (comme Michèle Morgan ou le cinéaste Richard Attenborough) et d'enfants (ou de petits-enfants) d'acteurs majeurs de ce jour historique, comme Jean Daladier ou Francis Chamberlain.

Efficacement menée, la chronique multiplie les anecdotes personnelles avec un sens du vécu et un goût du détail très britanniques... au point d'en négliger certaines considérations historiques essentielles. Sans doute les faiblesses du documentaire tiennent-elles à son projet même. Focalisé sur la journée du 3 septembre 1939, il peine à prendre la hauteur nécessaire à la pleine compréhension des circonstances politiques de cette déclaration de guerre". Source : Télérama, Samedi 29 août 2009.

L'avis de Téléobs : "C'est une triste journée pour nous tous, et pour moi plus que pour aucun autre. Tout ce pour quoi j'ai oeuvré, tout ce en quoi j'ai espéré, tout ce en quoi j'ai cru au cours de ma vie d'homme public s'est effondré.» C'est par ces mots qu'Arthur Neville Chamberlain, Premier ministre britannique, annonce à la Chambre des communes l'expiration, à 11 heures, de l'ultimatum adressé à l'Allemagne. Quelques minutes plus tard, une sirène d'alerte retentit dans les rues de Londres. Heure par heure, la réalisatrice revient sur ce dimanche de septembre 1939 où la Seconde Guerre mondiale a éclaté. Dès le matin, les grandes villes sont évacuées. A quelques kilomètres de la frontière allemande, 150 000 Strasbourgeois partent se réfugier en Dordogne, par peur des bombardements. A Londres, des centaines d'enfants sont envoyés dans les campagnes environnantes. En France, même si l'ultimatum adressé à l'Allemagne n'expire qu'à 17 heures, tous se préparent déjà à la guerre. Les hommes valides se pressent dans les gares pour rejoindre leur caserne d'affectation. Marie-Jeanne Perrier, fille du compositeur Robert Perrier, se rappelle les adieux muets de ses parents sur les quais de la gare de Châtellerault. Dans les colonies aussi, on se mobilise. Alain Mimoun, futur médaillé olympique, s'engage en fin d'après-midi dans la Légion étrangère à Oran, «à 18 ans moins trois mois». C'est à travers ce genre de témoignages que ce documentaire fait revivre les premières heures du conflit. Tous sont partagés entre incrédulité et prise de conscience que quelque chose de terrible est en train d'advenir. Pierre Lefranc, futur préfet et chef de cabinet du général de Gaulle, apprend ainsi la nouvelle de l'entrée en guerre dans le train. Il se rappelle une passagère qui s'est alors empressée de se remaquiller. «Le contraste entre cette nouvelle dramatique et cette jeune femme qui, par réconfort, se passait du rouge à lèvres m'a beaucoup ému. Je me suis demandé : mais où sera-t-elle dans six mois, et où serai-je moi-même ?» De l'autre côté de l'Europe, les Polonais, envahis quelques jours plus tôt, laissent éclater leur joie devant les ambassades britannique et française. Car en cette fin de journée, de Londres à Paris en passant par Varsovie, tous sont persuadés que les soldats seront rentrés pour Noël". (source : Teleobs)