Ce fut incontestablement un des temps forts de la rentrée de la rentrée du documentaire historique que cette série "Apocalypse" en 6 épisodes de 52 minutes, diffusée par France 2 en septembre dernier. Due à Daniel Costelle, Jean-Louis Guillaud, Henri de Turenne et Isabelle Clarke, cette série documentaire entendait raconter la seconde guerre mondiale, uniquement en images d'archives (colorisées), pour la moitié inédites.

France 2 a battu pour l'occasion des records d'audience. Le dernier volet de la série documentaire diffusé mardi 22 septembre a rassemblé 7,5 millions de téléspectateurs, soit une part d'audience de 29,2% selon Médiamétrie.

Si l'on peut se réjouir de telles audiences pour un documentaire historique, quelle vision de la seconde guerre mondiale les télespectateur auront-ils reçue et retenue ?

A verser au débat :

L'interview de Daniel Costelle par la TSR (émission radiophonique Histoire Vivante, 4 septembre 2009)

Les dangereuses approximations d'Apocalypse (site Rue89). Selon l'auteur de l'article, Vincent Artuso, la série documentaire "véhicule un discours franchement réactionnaire" : narration purement événementielle qui laisse de côté toute analyse économique et sociale; défaite de 1940 qui n'est considérée que du point de vue militaire; présentation indulgente de Vichy, etc. Mieux encore : " Clarke et Costelle reprennent des thèses qui font fortement songer à celles défendues par les historiens révisionnistes au cours de la « querelle des historiens », dans les années 80".

En mettre plein les yeux et rendre «Apocalypse» irregardable (Libération, 21 septembre 2009). Extrait des propos de Georges Didi-Huberman, philosophe et historien de l'art : "La série Apocalypse n’a restauré ces images que pour leur rendre une fausse unité, un faux présent de reportage et de mondiovision. Elle a pensé que nous étions trop stupides pour accepter de voir des bribes blêmes, des lacunes, des bouts de pellicule rayés à mort. Elle s’est tout approprié et ne nous a rien restitué. Elle a voulu nous en mettre plein les yeux et, pour rendre les images bluffantes, elle les a surexposées. Façon de les rendre irregardables."