Arte diffuse vendredi 11 novembre un téléfilm en deux parties (2010) de Bernd Fischerauer consacré à la chronique de la fin de la Grande Guerre en Allemagne, de la Révolution spartakiste avortée et de la signature amère du Traité de Versailles.

Le réalisateur a travaillé avec ses scénaristes sur des procès-verbaux, des journaux intimes et une myriade d'autres documents historiques. Au-delà de la précision documentaire de son film, il a su mettre en place une dramaturgie efficace qui, malgré la complexité de la situation et des événements, permet d'appréhender cette époque charnière de l'histoire de l'Allemagne où les dissensions, les tensions économiques et sociales, les alliances politiques contre-nature et les exigences excessives du traité de Versailles finiront par faire le lit du national-socialisme.

Première partie (88 mn)

Tandis que les négociations de l'armistice se préparent à Compiègne, des révoltes éclatent dans plusieurs villes allemandes, où des "conseils" se constituent sur le modèle des soviets. Des combats de rues éclatent dans les rues de Berlin. Le 9 novembre, le social-démocrate Scheidemann et le communiste Liebknecht proclament la République. Mais celle-ci est divisée dès le départ par des conflits multiples (entre sociaux-démocrates, corps francs, conseils, spartakistes, militaires et fonctionnaires) qui culminent le 15 janvier 1919 avec l'assassinat à Berlin de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht. Le chancelier social-démocrate Ebert et son ministre de la Défense Noske font alliance avec les forces les plus réactionnaires de l'armée pour briser le mouvement révolutionnaire...

Deuxième partie (90 mn)

Le 7 mai 1919, les Alliés publient le projet de traité de paix qui deviendra le Traité de Versailles, rejetés dans un premier temps par tous les partis. D'âpres négociations commencent de part et d'autre. Les troupes alliées sont en état d'alerte au bord du Rhin, prêtes à entrer en Allemagne. Le maréchal Foch pose un ultimatum, les clauses ne sont pas négociables. Le 28 juin, la délégation allemande doit signer à contrecoeur ce qu'elle considère comme un diktat.