28 octobre 2008
Pourquoi et comment je suis devenu historien (André Versailles Editeur)
Dix-neuf historiens racontent, de manière personnelle, ce qui les a amenés à devenir historien : hasard, rencontre, lecture d'un livre, etc.
Ce livre a été publié "à l’occasion de la création des éditions André Versaille, pour le plaisir de l’éditeur et de ses amis".
Vous y découvrirez les témoignage de
- Jean-Jacques Becker
- Pascal Ory
- Claude Mossé
- Pierre Milza
- Joël Kotek
- Jean-Noël Jeanneney
- Marc Ferro
- Gérard Chaliand
- Serge Berstein
- Nicole Bacharan
- Maurice Vaïsse
- Lionel Richard
- Eric J. Hobsbawm
- André Kaspi
- Élie Barnavi
- Fabrice d'Almeida
- Jean-Christophe Attias
- Esther Benbassa.
Cet ouvrage est hors commerce et uniquement disponible en ligne.
15 décembre 2007
L'Europe de 1815 à nos jours (CanalAcadémie)
L'émission "un jour dans l'histoire" présentée par Christophe DIKES sur CanalAcadémie (webradio de l'Institut de France) s'entretient avec l'historien Georges-Henri Soutou (prof. Université de Paris-IV) de son dernier ouvrage "L'Europe de 1815 à nos jours".
Cet ouvrage paru récemment dans la collection "nouvelle Clio" des Presses Universitaires de France prend la succession du fameux ouvrage de Jean-Baptiste Duroselle. Avant tout destiné aux étudiants d'histoire, il est également d'une lecture tout à fait utile à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Europe à l'époque contemporaine.
La méthode suivie par Georges-Henri Soutou insiste sur la notion de structures dans les Relations internationales : structures d'équilibres géopolitiques, structures de relations diplomatiques, structures juridiques, structures de civilisation. Cette notion résume les recherches les plus avancées de la science historique actuelle dans ce domaine et permet de poser le problème de l'Europe, de son identité, de ses limites, de façon nouvelle.
Vous pouvez télécharger cette émission sur le site de CANALACADEMIE (faire clic droit et "enregistrer sous").
25 novembre 2007
De la dictature stalinienne au nationalisme poutinien (Arte Histoire)
Le site internet d'ARTE dédié à l'histoire accueille ce mois-ci l'interview de Sabine Dullin, historienne de la Russie contemporaine à l'Université de Paris-1. Dans cet entretien exclusif pour Arte, elle raconte son parcours de chercheuse, dont les premières étapes ont correspondu avec l'ouverture des archives soviétiques. Elle se livre ensuite à un panorama des étapes de la levée des tabous en Russie de 1953 à nos jours avant de terminer sur la vision actuelle de l'histoire sous Poutine. L'entretien dure 22 mn et il est à visionner uniquement sur internet.
Sabine Dullin est l’auteur de nombreuses publications, notamment Des hommes d’influences. Les ambassadeurs de Staline en Europe, 1930-1939 (Payot, 2001), Histoire de l’URSS, 1917-1991 (La Découverte, collection Repères, 2003) et elle a dirigé en collaboration avec Sophie Cœuré, Frontières du communisme. Mythologies et et réalités de la division de l’Europe, de la révolution d’Octobre au mur de Berlin (La Découverte, 2008).
30 juillet 2007
Emmanuel Hoog, le patron de l'INA
Quand il est arrivé à la tête de l’INA, l’Institut national de l’audiovisuel, en février 2001, Emmanuel Hoog a mis une bonne dizaine de jours à s’y faire. Se retrouver à la tête d’une telle institution au jeune âge de 38 ans lui a demandé, dit-il, « un temps d’adaptation psychologique ». Et puis, il s’est retroussé les manches. A l’époque, l’entreprise publique créée après l’éclatement de l’ORTF, en 1974, vénérable maison au millier de salariés, est sens dessus dessous. Ecartelée entre trois grands métiers : l’archivage, la formation, la recherche. Travaillée par des rivalités de baronnies. Ecrasée sous le poids d’une réputation poussiéreuse : elle est, pour beaucoup des professionnels de l’audiovisuel consommateurs de ses archives, une institution « vieillotte, trop lente et trop chère… ».
Emmanuel Hoog, énarque atypique, ancien champion (junior) de water-polo, fou de poésie et de théâtre, se lance dans l’aventure à sa façon, avec le goût de l’explication, du dialogue équilibré – « il est fait pour reconstruire », glisse Jean-Michel Rodes, un des rares responsables de secteur de l’INA à être resté en place. Et pour reconstruire, Hoog a un plan : « Nous devions absolument recentrer l’entreprise sur son trésor, c’est-à-dire ses archives, et parier sur la révolution numérique pour nous relancer », raconte-t-il aujourd’hui, pas mécontent de cette intuition décisive. Un choix qui semble évident pour les familiers du numérique que nous sommes devenus, mais qui, en 2001, semblait lointain et risqué… Six ans plus tard, l’INA, grâce à ses nombreux sites Internet qui ont rendu les archives accessibles au plus grand nombre, affiche un profil enviable, avec ticket de première classe pour l’avenir. La maison « vieillotte, trop lente et trop chère » s’offre même une deuxième jeunesse, et son toujours jeune patron un deuxième mandat – sa mission a été renouvelée en janvier dernier par un conseil des ministres de droite, alors qu’il n’a jamais caché sa sensibilité de gauche…
Juste retour des choses, Emmanuel Hoog se souvient de ce jour de 2004 où il fut cordialement convoqué par Renaud Donnedieu de Vabres, fraîchement nommé à la Culture. Il se présente au rendez-vous muni de tout un attirail pédagogique, dont un petit film alarmant sur la nécessité de restaurer et de numériser les archives, seule solution pour faire face à la volumétrie affolante dont est, structurellement, victime l’INA (deux cent mille heures de sons et d’images chaque année en plus des deux millions déjà en stock !). Le ministre comprendra le message. « Je n’oublie pas que c’est ce ministre de la Culture, un homme de droite, qui a déclenché le financement du plan de sauvegarde et de numérisation. » Et d’ajouter : « C’est normal de reconnaître ce genre de choses. Je n’ai pas le culte de la guerre civile. »
Ainsi s’exprime ce grand commis de l’Etat dans son vaste et sobre bureau de la rue de Patay, 13e arrondissement, proue parisienne d’une flotte ancrée à Bry-sur-Marne et aux Essarts-le-Roi. L’homme convient que sa cause appelait le consensus, mais encore fallait-il convaincre ! « A la différence de beaucoup de mes prédécesseurs, je n’éprouve pas de complexe à l’égard de la télévision. J’aime ça et suis même assez bon public. » Confiant dévorer les infos, il évoque aussi avec plaisir ses addictions de téléphile adolescent, notamment les grands entretiens d’Apostrophes, avant de pointer, avec une jubilation presque juvénile, une affiche d’Achille Zavatta dans La Piste aux étoiles. « Vous savez, pour moi, l’audiovisuel est le plus grand patrimoine construit au XXe siècle… »
La phrase étonnera peut-être de la part d’un esthète pétri de culture classique. La poésie (Rimbaud, Baudelaire, Deguy, Bonnefoy) traîne à son chevet depuis toujours. En 1986, le jeune stagiaire de l’ENA envoyé dans le haut Allier lance en rase campagne un festival de poésie. Le milieu culturel, il s’y sent à sa place. D’ailleurs, malgré son côté grand argentier du roi qui aime « l’action et la décision », Emmanuel Hoog choisira, à sa sortie de « l’Ecole », en mai 1988, le ministère de la Culture plutôt que celui des Finances. « Parce que j’y avais des repères », dit-il. Enfant, il a joué aux billes dans la Galerie des glaces : sa mère, Simone Hoog, a fait toute sa carrière comme conservateur en chef des sculptures et des jardins au château de Versailles. Plus grand, il a aussi profité des fines leçons paternelles au fil des grandes expos (« Sonia et Robert Delaunay », « Le centenaire de l’impressionnisme »…) dont son père, Michel Hoog, était commissaire. « Mes parents ont conservé des images fixes alors que les nôtres, à l’INA, sont animées. Mais au fond, c’est la même idée : comme eux, je suis comptable devant la nation du maintien des collections. »
Puisque l’INA est notre « musée » de la télé et de la radio, alors il fallait qu’il soit ouvert ! Aux professionnels, qui peuvent faire leur marché sur www.inamediapro.com. Puis au grand public, depuis avril 2006, grâce à www.ina.fr/archivespourtous, ce beau portail aux huit millions de pages vues par mois ! « On ne s’attendait pas à ce succès, qui a déplacé le centre de gravité de l’INA et a déclenché d’autres ambitions. » Désormais, les archives sont déclinées au fil de sites thématiques : les 60 ans de Cannes, les débats présidentiels, 2 000 chansons françaises (en ligne à partir du 21 juin) ou un site d’archives anglophones à partir de 2008. Ce lien au public et ce regard sur l’archive plus « éditorialisé » ont beaucoup valorisé le métier. Les salariés de l’INA s’en réjouissent. Même si, s’inquiètent certains, « il ne faudrait quand même pas que la “machine” soit en surchauffe. Car avec Hoog, tout est toujours pour tout de suite ».
Trop pressé, l’ancien administrateur du Théâtre de l’Odéon ? Pendant cinq ans (à partir de 1992), il y aura en tout cas appris les règles du jeu en équipe, et l’effervescence jouissive du travail dans l’envers du décor. Il raconte avec émotion comment il est allé convaincre « le maestro Strehler », chez lui, à Milan, de revenir à Paris pour présenter ses Goldoni. Ou comment, jour après jour, il a appris, par le théâtre, la nécessité absolue d’une véritable ouverture d’esprit. Une passion de l’échange qu’il cultive comme ambassadeur de l’archivage audiovisuel auprès de pays où la mémoire télévisuelle est en danger, tels le Cambodge et l’Afghanistan – où il s’est rendu quatre fois… Jo Lavaudant, son « patron » metteur en scène de l’époque, se souvient avec amitié de sa force de caractère, étonnant mélange de finesse lettrée et de stratégie froide : « A son poste d’administrateur de l’Odéon, il m’a protégé de tous les coups du milieu ! En bon lecteur de Machiavel, il ne prenait jamais rien sur le mode affectif. Il envisageait chaque situation comme une sorte de problème mathématique, une bataille stratégique. » Manifestement, cela lui a plutôt réussi… Et à l’INA aussi.
06 mars 2007
La construction européenne sur internet
Un nouveau site, traitederome.fr, vient d'ouvrir à quelques semaines des festivités marquant le 50e anniversaire de la signature du traité de Rome.
Ce site dévoile des archives diplomatiques rares montrant les coulisses de la construction européenne. Créé par le Centre d'information sur l'Europe et inauguré par le comité d'honneur du traité de Rome, il recense également les manifestations prévues dans la France entière pour fêter l'événement.
Le site se structure autour de deux grandes parties :
" Les premiers pas de la construction européenne et le récit des négociations des traités de Rome (avec reproduction d'archives diplomatiques et témoignages des grands acteurs de la construction européenne (Maurice Faure, Jean-François-Poncet, Jean-François Deniau), galerie de photos et de vidéos d'archives, etc. "
" Commémoration du cinquantenaire du traité de Rome", avec des tribunes signées d'acteurs de l'aventure européenne, d'écrivains, de journalistes ..., des articles sur l'actualité des commémorations et prochainement, le calendrier des événements organisés dans toute la France...
Une belle initiative destinée à mieux faire connaître un événement pour l'instant largement ignoré par les médias audiovisuels.
16 janvier 2007
Le projet d'union franco-britannique de 1956, une véritable révélation de la BBC (RADIO 4)?
Un article publié hier sur le site de la BBC, et signé Mike Thomson, laisse entendre que le célèbre groupe audiovisuel britannique aurait exhumé dans les archives publiques d'Angleterre des documents passés inaperçus montrant que la France avait proposé la possibilité d'une union politique avec la Grande-Bretagne.
Lors d’une visite à Londres le 10 septembre 1956, Guy Mollet rencontra, en effet, son homologue britannique Anthony Eden. La France vivait alors des heures difficiles. La guerre faisait rage en Algérie depuis deux ans déjà et le président égyptien Nasser avait décidé de nationaliser le Canal de Suez. C’est d’ailleurs en préparant une intervention militaire pour récupérer le canal que Guy Mollet proposa la réalisation d’une «union politique» avec la Grande-Bretagne.
Cette proposition est rapportée dans un document officiel du cabinet britannique selon lequel «lorsque le Premier ministre français, monsieur Mollet, était récemment à Londres, il a soulevé avec le Premier ministre (Anthony Eden) la possibilité d’une union entre le Royaume-Uni et la France».
Georges-Henri Soutou, professeur d'histoire à l'Université de la Sorbonne, a jugé absurde, au micro de la BBC, le projet envisagé il y a un demi-siècle. L'idée d'une entrée de la France dans le Commonwealth et de son acceptation de la souveraineté de Sa Majesté n'aurait pas été bien reçue.
Cette idée d'une "union" a finalement été repoussée mais Guy Mollet a fait peu après une autre proposition, presque aussi radicale : l'adhésion de la France au Commonwealth, accueillie avec enthousiasme par le gouvernement britannique.
Dans une conversation avec son secrétaire de cabinet, Norman Brook, rapportée dans un document officiel du 28 septembre 1956, Anthony Eden souligne toutefois les difficultés qu'engendrerait une telle adhésion, notamment l'acceptation par la France de la reine Elizabeth II comme chef de l'Etat, comme pour une partie des pays du Commonwealth, la fédération des Etats issus de l'ancien Empire britannique.Cette idée a donc finalement été abandonnée.
En fait, ces archives présentées comme une découverte par la BBC sont connues depuis longtemps par les historiens britanniques qui les ont déjà exploitées dans leurs travaux. Citons notamment :
-Frances Lynch, France and the International Economy, Londres et New-York, Routledge, p. 178-9
-Alan Milward, The Rise and Fall of a National Strategy, 1945-1963, Whitehall History Publishing, Londres, 2002, p.251-7.
Merci à Laurent Warlouzet (Université de Paris-IV) qui travaille pour sa thèse sur ces archives britanniques de nous avoir communiqué ces références bibliographiques.
Le documentaire relatif à ce projet d'union franco-britannique, diffusé lundi 15 janvier sur RADIO 4 (BBC) est réécoutable à l'adresse suivante :
http://www.bbc.co.uk/radio4/history/document/document.shtml
25 novembre 2006
La collection "Grands entretiens" sur INA.fr
Le site internet de l'INA (Institut national de l'audiovisuel) propose désormais en ligne (gratuitement) de grands entretiens patrimoniaux interactifs en vidéo. Parmi ceux-ci, vous pourrez voir les interviews d'un grand nombre d'historiens majeurs du XXe siècle :
- Maurice Agulhon
- Pierre Chaunu
- Emmanuel Le Roy Ladurie
- Claude Nicolet
- Pierre Nora
- Robert Paxton
- Madeleine Rébérioux
- René Rémond
- Zeev Sternhell
- Jean Tulard
Pour chaque entretien, l'internaute dispose
- du sommaire détaillé de l'entretien
- d'une ligne de temps chapitrée
- d'une transcription intégrale synchronisée
- d'un moteur de recherche
- d'une biographie et d'une bibliographie
Autant dire que pour tous les étudiants et amateurs d'histoire, une petite visite sur ces pages se révèle indispensable... Espérons que l'INA continue dans les prochaines à élargir son offre gratuite et pédagogique.
21 novembre 2006
Blogs à part (France Inter, 21 novembre 2006, 6h20)
Ce blog a été remarqué et présenté par Alexandre Boussageon, l'un des deux chroniqueurs de l'émission quotidienne "Blogs à Part" sur France Inter (émission du mardi 21 novembre 2006).
Merci à France Inter d'avoir doté un petit coup de pouce à ce blog qui se nourrit en grande partie des productions radiophoniques et audiovisuelles du service public.
Pour ceux qui l'auraient manqué, voici le texte de la chronique tel qu'il était disponible sur le site de France Inter le mardi 21 novembre.
"Il ne faut pas désespérer du PAF -le Paysage Audiovisuel Français. C’est Jean Michel Guieu qui l’écrit sur son blog. Cet internaute venu à l’histoire dès l’adolescence grâce à la radio, se passionne pour tout ce que les média audiovisuels proposent dans ce domaine. Et la vague des commémorations aidant, il ne risque pas de manquer de matière. Tous les prétextes sont bons. Cette année, ce furent, par exemple, les cinquante ans de la révolution hongroise, et ceux de la crise de Suez. Et l’an dernier, le cinquantenaire de la victoire alliée avait fourni matière à nombre d’émissions. De quoi combler notre homme, qui enregistre et archive tout, ou peu s’en faut, tant et si bien que son salon et son bureau « commencent à ressembler, écrit-il, à une annexe de l’INA ». Il faut dire qu’il est agrégé d’histoire et maître de conférence à l’Université de Paris 1. En d’autres termes, il sait de quoi il parle. Or il estime que ses étudiants ne regardent pas assez la télé ! Son blog leur est donc destiné en priorité. C’est une manière de Télé 7 jours hyper spécialisé, sans star’Ac et sans photo people, un outil d’étude en somme, presque un cahier de textes. Il le nourrit en puisant dans les dossiers de presse des chaînes et dans les chroniques télé des journaux. Quitte, parfois, à reprendre des extraits dûment cités. Pour autant, il ne s’interdit pas un regard critique. A propos notamment, des « Détectives de l’histoire », émission de France 5 dont il déplore « le côté un peu artificiel de la mise en scène ». Mais en règle général, le regard est plutôt bienveillant. Il arrive aussi -pas assez souvent à notre gré- que le blogueur livre des anecdotes sur les à-côté de la grande histoire. A l’occasion, par exemple, de la récente diffusion par Arte de « un, deux, trois », film de Billy Wilder consacré à la guerre froide. On apprend notamment que le tournage eut lieu en partie à Berlin au cours de l’été 1961 et qu’il fut perturbé par…la construction du mur. C’est ce qui s’appelle être au cœur du problème. Peu de commentaires, sur ce blog qui n’a pas pour objet de virer au forum, mais de nombreux liens qui renvoient souvent aux sites des chaînes et parfois à des interviews d’historiens publiés par des journaux".
Chronique : Alexandre Boussageon
Site "Blogs à part"
08 novembre 2006
Patrick Rotman : "On va vers le spectaculaire au détriment du fond"
Dans le n° de Télérama du 21 octobre 2006, Patrick Rotman accorde une longue interview à l'occasion de son documentaire en deux parties sur Jacques Chirac.
L'occasion pour le documentariste de revenir sur son parcours et le genre du documentaire à la télévision aujourd'hui. Une conception qui l'éloigne des docu-fictions et des émissions comme "les détectives de l'histoire".
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Morceaux choisis :
Les raisons du choix de Jacques Chirac
"J’avais fait un film sur Mitterrand (François Mitterrand, ou Le roman du pouvoir), j’ai eu envie d’aborder cet autre animal politique qu’est Chirac et je ne l’ai pas regretté. Plus j’avançais dans le sujet, plus le personnage m’intéressait au-delà de ce que j’aurais cru".
Le point commun de tous ses documentaires
"Si je devais trouver un fil à tout ce que je fais, ce serait celui-là : l’observation du comportement des hommes dans toutes leurs contradictions lorsqu’ils sont confrontés au grand vent de l’histoire. Dans ces moments-là, les barrières culturelles, religieuses et humaines s’effondrent".
Son point de vue sur les docu-fictions
"Je n’aime pas le docu-fiction, à cause de la confusion des genres. Je crois à la force du documentaire, comme aux potentialités de la fiction. Mais introduire de la fiction dans le documentaire ne m’a jamais emballé. Ça cumule des défauts au lieu d’additionner des avantages. Quand vous passez d’archives de De Gaulle à l’image d’un acteur interprétant de Gaulle, ça n’est pas convaincant, même si c’est très bien fait. Mais, peut-être suis-je trop catégorique… Par ailleurs, avec les évolutions de la technique, je crains qu’on ne sache bientôt plus distinguer le vrai du faux, ce qui pose de sacrées questions. A-t-on le droit d’introduire des personnages de fiction dans des images d’archives ? Jusqu’à quel point est-on en droit de pervertir les archives ? D’en faire un autre objet ?"
Son point de vue sur "les détectives de l'histoire" (France 5)
"On va vers le spectaculaire au détriment du fond. On n’ose plus programmer des émissions sérieuses comme l’était Les brûlures de l’histoire. Il faut des effets de mise en scène, une fausse enquête, des coups de théâtre pour se convaincre qu’on va intéresser le spectateur. Je ne plaide pas pour une télévision emmerdante, mais je pense qu’on peut trouver une forme d’équilibre".
SOURCE : interview de François Ekchajzer à lire dans Télérama n° 2962 (article intégralement disponible en ligne).
30 octobre 2006
Les tabous de l'histoire de la Hongrie (site internet ARTE)
A l'occasion de la commémoration du cinquantième anniversaire de la révolution hongroise de 1956, ARTE propose sur son site internet (ARTE - Histoire) une interview vidéo de Catherine Horel, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de la Hongrie.
Dans cet entretien avec ARTE, l'historienne aborde quatre sujets "tabous" de l'histoire de la H
ongrie contemporaine : la Hongrie à l'époque des Habsbourg, la Hongrie de l'entre-deux-guerres sous la férule de l'amiral Hothy, la question des juifs pendant la seconde guerre mondiale et bien sûr la révolution d'octobre 1956.
Dans ce dernier cas, la percée du secret correspond à la volonté massive de la population hongroise qui exige une « vérité historique ». Le travail des historiens hongrois est encouragé par le nouveau gouvernement qui ouvre toutes les archives. Un Institut consacré à l’histoire de la Révolte de 1956 est même fondé. La rapidité du travail des historiens pour dévoiler la « vérité » sur 1956 est également possible grâce à l’envoi des archives soviétiques, le « dossier Eltsine », qui permettent enfin de retracer la véritable chronologie des événements et de révéler que la volonté des Soviétiques d’envoyer ses troupes remontait en fait au 30 octobre.